Vendredi 3 juillet 2009

L’AMOUR VIENDRA, PETITE

      

 

chapitre 4½

Un chapitre « dont vous êtes le héros », et qui permet d'accéder au chapitre V




Fiche de personnage



Nom :
J. – râleur 8ème niveau


Sexe : oui, le plus souvent possible…

Force : 4/10, vu qu’il a des problèmes au dos.

Intelligence : 4/10, sauf devant la communauté des Franc-Blogueurs, qui - grâce à la barrière du texte - a l’air de lui donner un petit peu plus…

Sagesse : connaît suffisamment d’aphorismes consensuels pour prétendre à, au moins, 5/10 dans les dîners mondains.

Charisme : A débattre.

Points de vie : un seul, comme tout le monde, et qui passe vite…

Points de vue : souvent pertinents.

Armes : Sarcasme + 2 





L’AMOUR VIENDRA, PETITE - OU PAS ?


 

 

1

 

Vous êtes J.

Vous cherchez Confiance pour le compte de R. : voir les chapitres précédents.

Si ça vous amuse, allez en 2.

Si vous ne vous sentez pas à la hauteur, vous pouvez aller en 13. Ou alors, si ça vous ennuie, vous pouvez passer directement au chapitre V.

Si vous avez envie de baiser R. – entre autres parce qu’elle n’arrête pas de vous incendier la braguette – allez-y, et puis allez en 5.

 

 

2

 

Vous parlez avec… avec qui vous voulez, c’est votre problème, après tout. Faites preuve d’imagination. Et, donc :

 

-       « Et je me suis dit que t'étais vraiment trop clairvoyant. Dommage que tu ne le sois que par écrit. »

-       Elle a dit ça ?

-       Oui. Mais, bon… A l’oral, je maîtrise moins le rythme, le silence… On prend le risque de se tromper. On travaille sans filet. Surtout dans une conversation sérieuse.

-       Ça la met mal à l’aise ?

-       Oui, une ou deux fois, j’ai pas été à la hauteur de ses espérances.

-       Elle aime bien admirer les gens qui l’admirent : ça la met en valeur.

-       Oui. Mais… en ce qui me concerne…

-       Quoi ?

-       Je me crois pas spécialement clairvoyant.

-       Elle a l’air de le penser.

-       Elle le pense parce qu’elle se croit compliquée.

-       Elle est facile à comprendre ?

-       Non. Enfin… Faut juste progresser à travers une mélasse de coups de gueule à la fois prévisibles et spontanés… Elle a rodé certaines craintes, au point de les épuiser – peut-être qu’elle les conserve par habitude ? Ses petits speechs sur l’indépendance, par exemple… la liberté… "j’aime pas qu’on m’enferme… j’aime pas l’amour, l’engagement", tout ça…

-       Et donc ?

-       Ça sent la formule bien rodée. Même si elle est sincère. A mon avis, elle est fascinée par sa propre intransigeance, voire sa dureté.

-       Si ça t’emmerde, passe en 12.

-       Pour l’instant, ça va… A certains moments… comment dire ? Elle est douce, et puis… elle prend le prétexte d’un détail… elle s’énerve… elle coupe court… et… Ça sent un peu le système. Voilà. C’est le mot : elle a un système, R. ! Son personnage, c'est un "non" d'emprunt. 

-       Hum…

-       Pourtant… je pense qu’elle est jamais mieux que quand elle s’oublie un peu… qu’elle baisse sa garde…

-       Je crois qu’elle dit la même chose de toi.

 

Si t’es d’accord, passe en 3. Sinon, passe en 4.

 

 

3

 

-       J. ?

-       Bonjour papa.

-       Tu n’as plus ton fusil ?

-       Non, j’ai ça.

-       Une… une grenade ?

-       Dégoupillée.

-       Mais…

Je désigne Dépréciation :

-       Fallait pas qu’elle revienne !

J’agrippe cette morue par les cheveux et lui introduit la grenade dans la bouche. Je plonge ensuite derrière le canapé. Mon père se roule dans le tapis.

Dépréciation se lève, paniquée, et – dans un hoquet – tente de retirer la grenade. En vain. D’où : boom !

Un tsunami de barbaque recouvre les murs, un flot de caillots déjà séchés par la chaleur… compacts, brunâtres et rondouillards, comme les concrétions sur les vieilles coques…

Le corps sans tête et sans bras titube vers la salle de bain, pour se refaire les fondations…

 

C’est un chantier de Sisyphe, cette femme… pour elle, comme pour moi…

 

Bon… Est-ce que je vais chez R. ?

 

Si t’es heureux comme un pinson, passe en 5, chez R.

Sinon, va en 6, pour continuer l’enquête.

Si tout ça t’emmerde, tu peux aller en 12. Sinon, va quand même en 6. Si tu hésites trop longtemps, Dépréciation revient de la salle de bain – et vous passez en 13.

 

 

4

 

R. s’énerve, elle foudroie J. du regard, comme elle sait le faire – en se reculant et en croisant les bras :

 

-       « Elle a rodé certaines craintes, au point de les épuiser… elle les conserve par habitude… » Quel donneur de leçons ! Et puis… « elle prend le prétexte d’un détail… elle s’énerve… » Là, tu te donnes le beau rôle en me faisant passer pour une hystérique…

-       Je me trompe, peut-être ?

-       Oui.

-       Et alors ?

-       Quoi : et alors ?

-       Même si j’essaye de donner des leçons, comme tu dis… Même si j’essaye d’avoir « le dernier mot », comme tu dis aussi… Qu’est-ce que ça change ?

-       Comment ça ?

-       J’admets. Je suis le ricaneur imbécile. Maladroit. Pinailleur. Insatisfait, aussi. Râleur, déprimé. Mais…

-       Mais, quoi ?

-       Mais je t’écris – parfois – des choses qui te touchent.

-       C’est vrai.

-      

-       Et puis toi, au moins, tu pisses pas à côté de la cuvette.

 

Bon… Le désaccord étant clos – provisoirement – tu peux passer en 3. Ou en 6. Fais ce que tu veux, merde.

Si tu portes un caleçon ridicule, en revanche, passe en 14 

 

5

 

Nous sommes retombés, R., moi, collant d’amour et trempés comme des barbets… J’ai enlevé les menottes… elle a essoré ses draps… J’ai bu un peu d’eau, elle a jeté le chat… Et puis nous nous sommes enlacés.

Voilà. Je me croyais le gland confit dans le miel du Paradis – faux : j’étais dans R.

On a regardé le plafond. Et puis…

J’ai attaqué le premier :

-       Tu parles de garder haut la part de fantasme, dans un couple.

-       Et alors ?

-       Faut retomber, parfois.

-       Tu dis ça parce que t’as peur de pas me faire fantasmer tout le temps. Alors tu voudrais que je sois raisonnable, juste pour excuser tes baisses de régime.

-       J’excuse bien les tiennes.

-       T’es venu pour me faire la morale ?

-       Non. L’amour.

-       Tant mieux. T’es pas forcément plus doué, mais c’est quand même moins chiant que la parlote.

Un poème. Cette fille est un poème.

Du coup, je profite de l’instant pour lui offrir un bras – celui que j’ai fabriqué dans un chapitre précédent.

Elle regarde le bras. Et… et…

 

Va en 9.

Si tu ne profites pas de l’instant pour lui offrir le bras, va te faire foutre. Par exemple en 12.

 

6

 

Je retrouve un morceau de la Confiance d’R.

Je lui offre avec des fleurs :

 

Un bouquet de R. petula.

 

Se cultive dans les embrasures de porte, entre deux pièces. Si possible dans des gonds. Ne pas exposer aux emmerdeurs : elle sort de ses gonds.

Se cultive aussi entre deux boulots, deux mecs ou n’importe quoi qui évite une station prolongée au même endroit. Se cultive surtout en bossant sur dix trucs à la fois – l’éparpillement lui permettant de vivre dans une sorte de fuite en avant où elle n’a pas le temps de se poser, encore moins de réfléchir.

 

R., heureuse, se déshabille. Je m’approche – et nous sautillons de concert jusqu’en 7.

 

Si tu ne sautilles pas, va en 10 pour questionner Confiance.

 

7

 

R. J’ai beau revenir à son corps, faire le tour des mêmes ornières, glisser ma langue aux mêmes endroits, je m’y paume encore.

De petits cheveux se dressent sur sa nuque quand je l’effleure… Sa peau : du velours, avec une touche d’armoise, un soupçon de lavande… et de tequila, juste tiède, piquante et salée, résultat de notre passage en 5, dont nos corps gardent le souvenir et la moiteur… (Si tu n'es pas passé par 5, tu remplaces la tequila par le cidre brut... ça marche aussi : R. a parfois des notes de pommes et de sous-bois quand tu la secoues.)

R. me mordille le pouce. Je lui embrasse les seins. Ma main libre enserre son cou.

 

Si tu te retiens, continue ta lecture. Sinon, passe directement en 11.

 

Ma langue descend sur son ventre. J’hésite. Elle se cambre un peu. Sur ma bouche, je retrouve le goût de sa bonne humeur. R. ricane.

Je l’agrippe sous les fesses et la tire vers moi. Et puis… ma foi… on s’emboîte… lentement… TRES LENTEMENT ; elle a ce sourire en coin et le regard par en-dessous…

 

Si c’est la joie, passe en 11. Sinon… quoi ? Tu débandes ? Passe en !

 

 

 

8

 

Chez moi, ça sent le vide et l’été raté. Des morceaux de Confiance traîne çà et là. Ce putain de jeu de piste commence à me filer le bourdon. Je m’effondre devant mon bureau. J’ai les mains molles et la bite froide. A moins que ce ne soit l’inverse ? En tout cas, ça n’a plus rien d’espiègle. Et là… quelque chose bouge dans un coin, un genre d’étron mobile et pince-sans-rire, raide jusqu’au trognon – c’est Marasme. Et il veut ma peau… Il va falloir se battre !

 


Nom : Marasme

Sexe : non…

Force : prend le pas sur la justice…

Intelligence : ne sert qu’à prendre conscience de sa détresse…

Sagesse : serait de se passer de l’intelligence…

Charisme : 8/10 pour les nihilistes, les Russes et les adolescents…

Points de vie : 5, et ils sont tous ternes…

Armes : Ras-le-bol + 2 contre les histoires d’amour, qui finissent mal en général, comme chacun sait…

 

Si Marasme l’emporte, va en 12. Sinon, va en 11.






9

 

R.regarde le faux bras et l’accepte tel quel :

-       C’est gentil.

-       Je sais.

-       On baise ?

-       Encore ?

-       Pourquoi pas ?

-       Ici ?

-       Non : en 7.

-       Ça te dérange pas que ce bras soit un faux ?

-       Qui te dit qu’il est faux ?

-       C’est moi qui l’ai fait.

-       Et alors ?

-       Hum… C’est vrai. Ça peut fonctionner… Je peux peut-être réussir à t'apporter moi-même un peu de Confiance, finalement.

-       Bon, on y va ?

-       Où ça ?

-       En 7.

-       Oui.

 

Va en 7, bordel ! Sinon, va en 10 pour questionner Confiance.

 

 

  

 

10

 

Je regarde Confiance. Elle me toise, elle aussi :

-       Qu’est-ce qu’il y a ?

-       R. a accepté le bras que je lui ai apporté.

-       Et alors ? C’est bien, non ?

-       Ça veut dire que… Elle me fait un peu confiance ?

-       Je suis tentée de le croire…

-       Hum… Mais… C’est aussi le moment où l’on peut commencer à se faire du mal, alors ?

-       Tu veux lui faire du mal ?

-       Au contraire. Mais…

-       T’en a plein le dos ? Tu peux aller en 12, si c’est ça !

-       Non ! Surtout pas ! C’est juste que… Je me demande où ça nous emmène, tout ça…

-       D’après elle, ça ne vous emmènera pas très loin.

-       Oui, je sais – et elle ajoute en général : « j’aime pas l’amour ! »

-       Ça te gêne ?

 

Au choix, 3 réponses :

 


Qu’elle le répètes tout le temps ? Oui, ça me gêne. C’est un mantra plutôt déprimant…

Non. Je le pense aussi.

 

Oui. J’ai pas envie de me poser ce genre de question. Ça fait très procédurier, très comptable. Tu ne veux pas plutôt qu’on repasse par la 7 ? Dis ?


 

Si l’une de ses réponses te convient, va en 11. Sinon, en 8.

 

 

11


Il est temps de finir ce jeu. Et peut-être cette histoire. Non ? C'est le moment de lire le chapitre V. Sinon, va où tu veux… en 12 ou en 7, je m’en branle ! ce qui est sûr, c’est qu’en chemin, tu tombes sur une variété de fleurs assez curieuses :

Des R. du printemps. (Ria poilopata)

Peut se planter à côté d’un homme, à condition qu’il soit calme, patient ou indifférent. Et suffisamment lointain. A ne pas confondre avec l’R. à la mode de « quand ? » - « Jamais ! » (Ria violenta), qui n’est pas faite pour être plantée du tout.
Dans un cas comme dans l’autre, se cultive très bien toute seule, merci.


12


Bon. Tout ça, cette histoire… Ça te gave. Et puis… C’est un boulot à plein temps de lui plaire, à R. Jamais contente ! Ça suffit. T’as autre chose à faire ! Tu quittes l’enquête. Voilà. Sayonara ! 


13


-    J. ?
-    Papa.
-    Tu n’as plus ton fusil ?
-    Non, j’ai ça.
-    Un… un sarcasme + 2 ?
-    + 6… En effet : le sarcasme est trois fois plus efficace quand on l’utilise contre des proches…
Je désigne Dépréciation :
-    Fallait pas qu’elle revienne !

Dépréciation s’en prend à vos points de santé mentale. Elle se boursoufle, croît, rapetisse côté jambier, mais s’enfle de la tête. ELLE PREND LA FORME D’UN MARTEAU, CETTE CONNE !!!

Hydrocéphale, agressive – là voilà prête pour le combat.
 

Nom : Dépréciation

Sexe : niet ! Verbotten !
Force : c’est pas sa force qui la rend dangereuse…
Intelligence : non plus…
Charisme : 9/10 pour le commun des mortels, surtout les Catholiques et R.
Point de vie : les siens, je sais pas – ce qui est sûr, c’est qu’elle pourrit les vôtres !
Armes : Ténacité + 2 contre les psychanalystes
 

Si elle est vaincue – au moins provisoirement –, passe en 5.
Sinon, pleure chez toi. 





14


-    J. ?
-    Oui...
-    C’est quoi ce caleçon ridicule ?
-    Un caleçon ridicule.
-    Vire-moi cette burqua testiculaire !
-    Et ?
-    Passe au 5 !

C’est aussi le moment d’offrir une fleur. Tu as sous la main :

Une R. à racines courtes et poils châtains (Riis libertae)

Se plante en terrain non-emmerdant. Si possible sans trop d’engagement ; le sol doit être meuble, mais pas trop. Solide, parce que c’est rassurant – mais pas trop invasif. Arroser d’alcool. Ne pas planter chez soi ; de toute façon, elle refuse : elle préfère habiter seule.


...





Marasme et Dépréciation viennent du Diary of inhuman species, de Stan, que l'on peut consulter entre autres ici.

 
Par Jerome - Publié dans : Les enquête de J. - Communauté : Les franc-blogueurs
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