Samedi 24 octobre 2009 6 24 10 2009 00:15

Je n'aime pas la religion, mon numéro d'athée ricanant est parfaitement rodé. Pourtant, je dois bien convenir d'une certaine irritation face aux marottes du moment. Brassens et Desproges taquinaient la soutane dans une France encore bien franchouillarde et volontiers bigote, bien-pensante et tout, mais dont la religion historique s'était bien sécularisée...

Les temps - et le rire - ont changé.

Aujourd'hui, l'islam m'ennuie ; la plupart des musulmans que je rencontre sont franchement à cheval sur leurs principes, souvent agressifs - n'empêche : l'islamophobie m'exaspère. Qu'on puisse défendre la laïcité en s'en prenant d'un bloc aux religions, d'accord : mais qu'on puisse cibler l'une d'entre elles pour commencer à définir ce que doit être ou pas "l'identité nationale.".. Arf... je renâcle un peu...


J'ai toujours considéré que la faveur populaire d'un W. Bush allait de pair avec la notoriété d'un Ben Laden : ces mecs-là se détestent, mais sont complémentaires ; leurs a priori les nourrissent l'un l'autre, ce sont les deux faces d'une même médaille. Le 11 septembre a donné une tribune à Junior, et cette tribune a fait le lit du fondamentalisme barbu. C'est sans fin. Ou sans fond. Bien qu'on risque bientôt de le toucher, le fond, quand on voit les amalgames qui volent aujourd'hui un peu partout, à des hauteurs funestes de pâquerettes décapitées...

 

Comment parler de ça sans tendre la perche aux uns ou aux autres ? Ce sera l'intention des post qui suivent...

 

 

 

 


La même semaine où l’équipe de football du Créteil Bébél, composée de joueurs musulmans, refuse de jouer contre le Paris Football Gay, sous prétexte qu’ils ne « partagent pas les idées » (sic) des homosexuels, on apprend que des islamistes combattants n’aiment rien tant que s’enfoncer des bombes dans le cul pour s’éparpiller en gerbes de merde et de feu sur les ministres saoudiens.

Le parallèle est aussi pathétique qu’effrayant.

Ça me donne, pour ma part, le point de départ de cet article.

Et pour les lecteurs pressés, il y a un abstract, juste .

 

 

ROUTES MUSULMANES

 

PROLOGUE

 

Je me trouve dans une petite ville, au nord du Sénégal. Ça fait dix jours que je vis chez l’habitant, « en brousse », à partager son repas et à courir aux chiottes. Une triste histoire de crudités, sans doute. Ces problèmes intestinaux sont, outre un rappel ironique et salutaire de mes limites de grand voyageur, les seuls problèmes que je rencontre ici.

C’est musulman partout, dans ce bled. Khadiata, qui m’héberge, est croyante ; elle pratique un islam plutôt détendu. Quand elle se baigne dans le fleuve, elle le fait les seins à l’air, sans s’emmerder de ma présence à côté. Et là, vous imaginez sans doute la belle Noire de cambrousse, façon pagne et calebasse. Non : Khadiata est institutrice, elle a son diplôme d’état. Rapport au physique, elle est plus proche de Whoopi Goldberg que de Naomi Campbell. Rapport au rire aussi. Et si je me trouve  là, c’est entre autres pour visiter l’école. Le directeur tenterait bien de négocier un pôle Internet, mais veut surtout parer au plus urgent : la construction en dur des quelques salles qui restent en terre et, surtout, assurer l’apport en livres scolaires.

Si je vous parle de l’école, c’est pas pour vous annoncer long comme le bras que les jeunes musulmans sénégalais ne vont pas tous en madrasa, non plus que pour vous entretenir de nichons, mais pour vous parler d’une autre institutrice. Qui, elle, ne se baigne pas du tout, mais alors pas du tout, à oilpé dans le fleuve.

Non : il n’y a que son visage qu’on peut voir à l’air libre. Et elle ne sert pas la main des hommes. Elle m’a d’ailleurs mis un vent d’anthologie quand j’ai débarqué la première fois. Très gênée, au demeurant. Je lui tends la main, elle sourit… vraiment emmerdée… et le directeur de m’expliquer : non, ce genre de salutation, ça va pas le faire. Voilà. Laquelle est la « meilleure musulmane » ? Laquelle est la plus proche du « vrai » islam ?

 

A mon sens : celui qui a une réponse à cette question sait maintenant qu’il n’a rien compris. C’est un bon test. Qui est le musulman le plus intègre : Yousou N'Dour ou Ben Laden ? Ahmadinejad ou Ahmed Baba Miské ? Karim, avec qui je bois mon arak, ou l'anonyme qui brûle son drapeau ricain au milieu d'une foule anonyme elle-aussi ? On n’est jamais plus près de ce qu’on appelle « la Vérité » que lorsqu’on peut s’installer dans ce genre de flou. Les certitudes, en la matière, nous sont fournies par les VRP de la politique et les faiseurs de systèmes – des gens, à vrai dire, que j’évite de fréquenter, pour des raisons à peu près comparables à celles qui m’interdisent de faire la sieste à l’ombre d’un tonneau de poudre.
Ah ! Ma « zone de flou » ! Comme j’y tiens ! Comme je m’y accroche, dans mes grands élans de misanthropie ! Cette « zone de flou », j’en ai déjà un peu parlé dans un post sur la dramaturgie, à propos du personnage de fiction. Elle est la méthode pour donner à chacun l’épaisseur qu’il ne mérite peut-être pas, mais qui nous évitera – à nous – de porter des jugements définitifs porteurs d’ulcères ou d’assassinats. Et rien que ça, n’est-ce pas…

Pour une fois que le flou est aux antipodes de la myopie.

 

 

1

 

Je ne suis pas un spécialiste de l’islam, et je ne compte pas le devenir. Je ne prétends pas faire une thèse. Outre le tombereau de conneries que j'entends, ici ou là, je pars d’une base simple : mes voyages et mes rencontres. Ce sera la base de ce post, assez généraliste, avant de parler de l'islam en France, celui que je cotoie (quasiment) au quotidien, dans un second post. Et quand je parle de voyage, qu’on ne s’imagine pas un routard amusé traînant, sur les routes « exotiques », ses pantoufles de petit citoyen du monde.

 

« En somme, à voyager, on se casse le nez ; on effeuille ses illusions. On pourrait peut-être dire sans trop exagérer qu’on voyage pour faire le compte des pays où l’on n’aura plus envie de mettre les pieds. »

 

 

Georges SIMENON                     

 

Pas mieux. J’ai retrouvé le même modèle de con obtus sous toutes les latitudes et, pour n’en rester qu’à l’homme, le monde me sidère plus pour son immensité que pour sa diversité.

...

 

« Les gens », comme on dit… ce sont eux qui m'intéressent. En voyage, je vais peu dans les musées, les ruines m’emmerdent et les plages me désolent. Ce trait de caractère n’en finit pas d’alimenter des engueulades avec l’une de mes amies, qui ne comprend pas que je puisse passer à Rome sans aller voir des Titien ou des Giotto. De fait, j’en ai rien à secouer. D’ailleurs, ça ne lui viendrait pas à l’idée d’aller choper des courantes dans le nord du Sénégal. Je me demande pourquoi on se parle, tiens. Passons…

 

« Les gens », donc. Outre l’islam de France, mes routes musulmanes sont limitées : Mauritanie, Niger, Sénégal, Tunisie, Maroc, Turquie, Liban. Bon... ces voyages, c'est la base de ma vision de l'islam. Mes références viennent de là. Je ne parlerais donc pas de l’Indonésie, ni de certains peuples du Caucase.

Je ne suis pas naïf : Niger, Sénégal… il s’agit de cultures claniques, très familiales, très communautaires.

Pour faire simple, on va dire que ce sont des pays où les gouvernements n'ont jamais pris le relais des structures de solidarité traditionnelle, basées sur la religion. La sécu, par exemple, ça n'existe quasiment pas : un homme sans "famille", sans "clan", sans "réseau", est un homme perdu. Chez nous, il a quand même un encadrement minimum. Même si... bon... j’allais dire : « c’est en train de changer », mais c'est un autre sujet. N'empêche : on a mis plus de 200 ans à créer notre système étatique – et son rôle est encore discuté aujourd'hui.

Ces pays – sauf le Liban, qui est un cas particulier – passent lentement d’un système « clanique » à un autre, plus proche de l’état « moderne ». Il n’y a que les hystériques de l’administration Bush pour croire qu’on peut remplacer les réseaux traditionnels par une république digne de ce nom en quelques mois. Et il n’y a que les imbéciles et les doux rêveurs pour croire que les anciennes structures de pouvoir peuvent renoncer sans violence à une partie de leur souveraineté. De ce point de vue-là, l'islam a en effet pas mal de "retard" sur le christianisme, qui s'est beaucoup sécularisé. (Même si les évangélistes attendent dans l'ombre l'heure de la revanche...)
(Je reviendrais, via William T. Vollman sur cette notion de groupe, à la fin du second article.)

 

 

2

 

On me parle parfois des textes coraniques, pour dire : l’islam est violent, c’est écrit noir sur blanc, ils doivent faire du prosélytisme, ils sont obligés de partir en djihad, etc. On me cite telle sourate… on tartine sa science… tel hadith… Quelle perte de temps ! Chaque époque génère ses propres interprétations : la géopolitique l’explique, beaucoup plus que la théologie. Les schismes de tous bords vous le confirmeront. Et les mêmes textes ont inspiré aussi bien Torquemada que l'abbé Pierre. La religion est bonne fille et se donne à tout le monde ; elle reste à ce jour le plus bel alibi des aventures les plus foireuses – on peut s’en méfier, mais on aurait tort d’oublier, justement, sa nature d’alibi.

 

Au Liban, des femmes très "pieuses" arrivent vierges au mariage – ça les a pas empêché de faire des pipes à qui leur plaisait. Quant à leur cul, ma foi... il avait déjà vu le soleil, et le loup au passage... peut-être aussi une bonne partie de la meute… Et, au Maghreb, il y a toute une tradition de fausses "tâches de sang" sur les draps la nuit de noce dont personne n'est dupe. En gros : les gens se débrouillent.

 

Alors… oui, je sais… si la sexualité réelle n’a rien à voir avec le rigorisme des textes sacrés, les mœurs restent quand même assez austères… la pression des groupes sur les individus est énorme, et je ne peux pas dire que la femme, malgré des subtilités locales, jouisse d’un statut égal à celui de l’homme. J'ajoute que la tendance est loin de s'inverser aujourd'hui !

 

Mais les textes, ce sont des textes ; la réalité des hommes est très différente. Et la réalité des groupes, plus encore.

 

Restons un peu dans l'abstrait. Est-ce qu’une croyance « fabrique » de l’intolérance ? Je veux dire : une croyance religieuse, politique, philosophique, etc. Hum… peut-être… auquel cas, faudrait prouver que l’islam – plus qu’une autre religion – produit du fanatisme.

Au regard de l’Histoire, ça n’est pas très probant, vu que l’islam s’est montré, entre deux fulgurances culturelles, au moins aussi sectaire et casse-couille que toutes les autres religions !

 

Mais alors… l’homme serait-il, par nature et indépendamment des idées, grégaire et ségrégationniste ? Un sale con, en somme. Auquel cas, chaque croyance – neutre en elle-même – ne ferait que se mettre au service d’un délire naturel, aussi profond qu’atavique… Cette thèse inaugure le Précis de décomposition, de Cioran ; et la question, ainsi posée, porte en elle-même la réponse : elle accuse la « bête humaine »…

 

Mouais… ça nous fait une belle jambe… Du coup, posons les choses un peu différemment : est-ce qu’une croyance aggrave ce « travers » de l’humain, la méfiance ? Oui : le racisme, par exemple. Là, comme croyance, y’a pas mieux pour exacerber ce qu’il y a de plus nauséabond dans notre instinct grégaire ! Mais encore ? J’insiste : la religion ? C’est la thèse de Richard Dawkins ou, plus encore, de Christopher Hitchens : pour eux, pas de doute, la religion pousse au paroxysme les soupçons et les prudences de l’espèce humaine.

Moi, je suis moins absolu, et je préfère les termes de René Girard, qui parle de « pensée sacrée », plus que de religion, ce qui permet de foutre les laïcs dans le lot des bouffeurs d’absolu – témoin, les passionarias et autres égorgeurs des Grand Soirs. 

 

Quant à savoir si les névroses belliqueuses sont nécessaires à la survie de l’espèce, c’est un autre débat, et je le laisse volontiers aux anthropologues et aux bouchers.

 

 

3

 

Bon… rapport à l’islam, en dehors de France : j’ai surtout vu des gens qui respectent la surface des choses ; le discours officiel est repris, mais de manière un peu automatique. Chacun vaque à ses affaires, en somme, sans trop se soucier de religion. Si vous faites un sondage sur l’islam, ils vont donner des réponses « toutes faites », qui vont dans le sens d’une certaine prudence. Ça, cette chape de plomb, ce quotidien « à deux niveaux », c’est très visible dans les pays où la liberté de la presse est limitée.

A Niamey, au Niger, j’accompagnais pour un film institutionnel le PDG d’une compagnie aérienne. Combien d’athées j’ai pu voir en prière ! Des types avec lesquels on avait picolé la veille citaient Mahomet dans le texte dès qu’ils se trouvaient en public.

Des prêcheurs hallucinés, racistes à la tête remplie de carnages, j’en ai vu quelques-uns. Ils sont assez flippants. Le regard fixe, avec ces longues queues de blaireau qui leur pendent du menton. On dit qu'ils ne sont pas si nombreux. Mouais… y'en a quand même beaucoup...

Au demeurant, leur capacité de nuisance est très supérieure à leur importance numérique réelle – c’est tout le problème avec ce genre d’énervés… Une chose est sûre : ces mecs-là ne tombent pas du ciel d'Allah ! Le gouvernement malien, pour ne citer que lui, tente d'acheter le calme au nord, vu que les touaregs s'agitent, en autorisant des salafistes radicaux à porter là-bas la bonne parole... Et donc : un état, sur la base d'une vue à court terme, et parce qu'il est incapable de régler ses problèmes, fraye avec les franches les plus extrême de l'islam... Je parle du Mali parce que personne n'en parle : et quand les fondamentalistes auront des jalons partout dans le pays, ils s'en prendront au gouvernement. Ils commencent déjà, notez. Bientôt la charia. Et on dira alors :"ah! ces salauds de muslims..." C'est un exemple entre cent... et je ne dis pas ça pour excuser qui que ce soit, encore moins le Mali, mais juste pour rappeler que c'est la mauvaise gouvernance qui ouvre des boulevards aux fondamentalistes... ce qu'on a un peu tendance à oublier...

...
Dans la longue liste des poncifs à vocation débilitante, j’en retiens un que je considère pour ma part comme un modèle d’hypocrisie : l’islam serait une religion d’amour.

Pour moi, dire d’une religion que c’est une religion d’amour est une connerie. Ou alors on parle là d’amour de Dieu.

Quid de la violence ? En islam, les choses se crispent depuis le 11 septembre 2001, de manière exponentielle. De ce point de vue, l'administration Bush a une énorme responsabilité... même si, en l’occurrence, elle a hérité de l’immense bourde de la guerre froide : avoir développé l’islam radical pour contenir le communisme.

On verra ce qui va sortir de tout ça... Mais ce que j’ai pu comprendre de la "rue arabe" et/ou de la "rue musulmane", c'est qu'elles ne se reconnaissent pas vraiment dans tout le bruit que font les fondamentalistes et les islamistes. Elle est même un peu gênée, cette fameuse rue… ce sont ses enfants qui parlent, là, quand même… alors elle cristallise sur Israël, elle cherche parfois à justifier les salauds les moins compromettants… mais, contrairement à ce que j’entends dire en France, la « rue musulmane » n’est pas si virulente.

Ou plutôt : il y a autant d’ignorance là-bas qu’ici. Comprendre : ce qu’on leur reproche en terme d’obscurantisme agressif, ils nous le resservent façon « les Occidentaux impies poussent leurs femmes à faire du porno… »

L’amalgame et le lieu commun restent à ce jour le plus bel exemple d’imbécillité à la Panurge !
Quand De Villiers dit, peu ou prou, que l’islam est une religion d’assassins, il me fait penser à Ahmadinejad soutenant qu’il n’y a pas d’homosexuels en Iran : l’un et l’autre prennent leurs désirs pour des réalités ; heureusement qu’elle leur donne tort – elle est déjà suffisamment nauséeuse comme ça.

Les pays musulmans sont, à l’heure où j’écris, dans des positions délicates… La religion s’est engouffrée dans la crise économique, et renforce ces fameuses structures « traditionnelles » dont je parlais plus haut. Lesquelles sont, c’est rien de le dire, rarement décontractées du slip. Par ailleurs, les tentatives d’émancipation se concentrent dans les villes, où l’effet de masse et l’anonymat permettent des choses – mais les populations rurales restent en dehors du mouvement.

Ces poussées de l’islam radical dans les pays musulmans débordent en Europe ou en Asie…

On peut énumérer jusqu’à l’écœurement ces tentatives des fondamentalistes pour saborder les systèmes politiques qui les chatouillent… Et les sites ne manquent pas, qui s’occupent de cette « probe mission »… (Les guillemets sont de moi, attendu que je ne sais pas symboliser les pincettes…)

Il y a très peu de mise en perspectives géopolitiques ; on s’y contente de tomber sur l’islam en poussant des cris d’orfraies. Et, là encore, on nous balance le Coran en pleine poire, en soutenant que l’islam – par essence – est insoluble, j’allais dire « dans la modernité », mais quand on épluche les brèves des sites en question, on se dit surtout que l’islam n’est pas compatible avec le simple respect humain.

A vomir.

Quelles sont ces « mises en perspective » nécessaires ? J’en sais rien. Un premier énervement me vient quand même, assez vite… Le nerf de la guerre, comme on dit : l’argent. Un exemple : l’islam radical bénéficie de l’aide d’états comme l’Arabie Saoudite – qui encourage le rigorisme musulman pour barrer la route, dans son putain de désert, au développement d’une société civile digne de ce nom… Ben, oui, madame : les Saoud ont assez envie de garder pour eux leur épicerie familiale !

Evoquer l’islam radical aujourd’hui sans aborder le problème de son financement, c’est se cantonner à une lecture tendancieuse de petit Français apeuré. C’est postuler – contre toutes les évidences du quotidien – que les musulmans sont dangereux parce qu’ils sont musulmans. On a envie de dire : ouvre ta fenêtre, bordel !

Quand on sait de surcroît que certains états autoritaires « laïcs » (les guillemets sont encore de moi…), s’autorisent de la menace fondamentaliste pour cadenasser encore plus leur pays, et étouffer toute diversité politique… On se dit : on n’est pas rendu !

J’en profite d’ailleurs pour saluer notre grand copain Mouammar.

 

Une chose est sûre : l’islam, via les islamistes et les fondamentalistes, en ce début de XXIème siècle, est très agressif. On va quand même pas se leurrer, hein ? Les offensives sont réelles. Et quand on me dit, même en parlant des musulmans de France, que la majorité silencieuse est plutôt ouverte au débat, je reste un peu dubitatif... Cela dit, inutile de franchir le Rubicon : c’est moins l’islam, qui est en cause, que les structures de « gouvernance » du monde musulman.

Pour le dire autrement : le danger est moins religieux que communautaire.

Pour un penseur comme Emmanuel Todd, les soubresauts de l’islam pourrait entre autres signifier que le monde musulman bouge, se modernise malgré la crise – et que certains ruent dans les brancards, en se crispant sur des lectures radicales de leur religion, parce qu'ils ne veulent pas lâcher leurs vieilles prérogatives. En gros : un "passage" douloureux, mais qui révèle une évolution positive. Est-ce qu'il a raison ? C’est, au regard de mes propres expériences sur place, la « zone de flou » qui me semble la plus pertinente. Et comme rien n’est acquis, c’est surtout la direction que je préfère prendre quand on parle de l’islam aujourd’hui…

J'ajoute qu'un islam radical victorieux partout n'en
rendrait pas moins suspecte toute interprétation essentialiste de cette religion : voir l'exemple du Mali, juste au-dessus...

 


La suite, en lançant une fatwa juste ici


 

 

 

 

Procure-toi des danseurs, du vin et une charmante aux traits de houri,
si houris il y a ; ou cherche une belle eau courante au bord du gazon,
si gazon il y a. Ne demande pas plus ; oublie cet enfer éteint.
En vérité, il n'y a pas d'autre paradis que celui que je t'indique, si paradis il y a.

Omar Khayyam                                                          

                                        

 

Par Jerome - Publié dans : "REPRESENTATIONS" - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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