Entre terrorisme et pandémie, mon cœur balance… J’avoue, pour ma part, une légère préférence pour la seconde.
En effet, le terrorisme reste très localisé. Comme beaucoup de chose à faire trembler la plèbe, sa représentation médiatique est sans commune mesure avec la réalité du phénomène. Ça sert surtout à cristalliser nos méfiances ancestrales au profit de quelques idéologues opportunistes.
En revanche…. Le développement chaotique de vastes poubelles urbaines, en Inde, en Afrique ou en Amérique du Sud, constitue une sorte d’incubateur géant où des virus comme le H1N1, par exemple, ont tout le temps et l’insalubrité nécessaires pour s’amusera à muter.
Avec un parterre de 10 millions de personnes pour prendre son envol, je ne donne pas cher de nos « barrières sanitaires »… Sauf en France, bien sûr, où l’on arrête aux frontières aussi bien les nuages atomiques que les esprits critiques.
Alors ? Notre avenir ? Dans la guerre et le sang, façon « grand veneur » ? Dans la virologie, façon « cuisine moléculaire » ?
Où comment réconcilier l’apocalypse et les fins gourmets…
…
Vaste programme ! Cette rubrique se développera à intervalle régulier, jusqu’à ce que la guerre ou la maladie nous sépare, mais nous espérons que d’ici là vous en aurez suffisamment appris pour jouir de l’apocalypse avec tact et civilité.
I
Le bunker
- Prévoir des réserves d'eau potable, disons 2 litres par jour et par personne.
- Prévoir de la bouffe, au minimum 500g par jour et par personne ; si les victuailles en question sont déshydratées, l’eau nécessaire à leur préparation n’entre pas dans le compte des 2 litres précédents.
- Vous pouvez aussi envisagez de boire votre urine, selon la méthode Amaroli, mais ça me donne pas envie de partager mon bunker avec vous.
- Prévoir aussi des médicaments et une trousse de premiers secours avec des traitements anti-radiations (Bleu de Prusse, pastilles d'iode, DTPA).
- Pour l’éclairage : des lampes à DEL, 50 watts de consommation pour tout l'abri, fonctionne en 12 volts continu.
- On peut envisager le chauffage par peinture chauffante appliquée sur les murs de l'abri : 500 watts maximum, fonctionnent en 12 volts continu ou en 220 volts alternatif.
- Douches à pompe en circuit fermé. Prévoir un réservoir de 20 litres d'eau par personne. Et si vous me reparlez de pisser dans le baquet, c’est que vous confondez l’apocalypse et Rocco défonce Mad Max.
- Prévoir une station de traitement de l'eau. On ne sait jamais.
- Si vous envisagez de sortir du bunker pour chercher de l’eau – et il vaut mieux l’envisager –, prévoir un lot de pastilles Micropur. Chaque pastille permet de désinfecter 1 litre d’eau. Comptez 30 minutes pour les bactéries et virus lambdas, et 2 heures pour certains protozoaires un peu plus coriaces, comme les amibes ou les giardas. Conseil gourmet : l’utilisation de quelques gouttes de liquide anti-chlore permet l’élimination du léger goût résiduel de chlore.
- Prévoir des toilettes chimiques avec récupérateur d'eau ; les seuls déchets sont alors de l'acide urique solide et des excréments déshydratés.
- Aménager une bibliothèque ; disons 3 livres par personne et par semaine ; pas de Robbe-Grillet ou de Nathalie Sarraute. Je reviendrai, plus tard, sur ce point, pour sélectionner les œuvres les plus propices au bunker, ainsi que sur l’installation vidéo adéquate.
- En vrac : Prozac, Deroxat, Effexor, tout ce que vous pouvez trouver comme antidépresseurs ! On ne sait jamais… Là encore, un chapitre sera consacré aux antidépresseurs, et à la manière de les accommoder.
- Deux poupées gonflables, deux boîtes de vaseline, une paire de menottes ; des préservatifs (3 préservatifs par jour et par personne) ; si vous êtes seul(e), un butt-plug et 3 godemichets devraient suffire.
- Lot de combinaison Hazmat, à utiliser en fonction de la situation cataclysmique où vous vous trouvez.
Certains suggèrent en outre de se procurer un appareil pour mesurer l'intensité de radiations potentielles à l'extérieur de l'abri, « pour savoir quand il est possible de sortir »…
A la lumière de mon expérience, je pense que le monde sera salubre – et fréquentable – quand vous serez tous morts.
Mais c’est là une vision un peu austère d’onaniste fanatique.
J’imagine mal une catastrophe nucléaire ; pas de « source terroriste » en tout cas. Mais, bon, ne soyons pas sectaire.
A l’attention, donc, de ceux qui craignent une attaque nucléaire… Il faut prévoir :
- Des combinaisons et un équipement pour les sorties hors du bunker ;
- Un système d'aération muni de filtres anti-radiations et d'un échangeur de chauffage.
Je vous rappelle qu’il faut rester dans le bunker au moins 6 mois, à cause du refroidissement généralisé du climat dû à l'injection massive de poussières dans la stratosphère – ce qu’on appelle l’hiver nucléaire.
Pour le reste… ma foi, la radioactivité a la vie dure… Inutile d’attendre qu’elle se soit dissipé. Autant prévoir, là aussi, des tenues adéquates…
Le « Choc des Civilisations » est une construction abstraite, une vue de l’esprit, un système artificiel – peu importe ! L’important n’est pas qu’il soit vrai. L’important, c’est que l’on y croit.
Et, autant dire, le concept reste à la mode.
Qu’est-ce que ça raconte sur nous ?
Nous avons peur. Tant pis. C’est trop tard. N’y a-t-il donc rien pour se protéger ? Non. Il y a beaucoup d’égocentrisme, pour ne pas dire de bêtise, à considérer son identité propre, sa culture, sa « civilisation », comme une digue ou un bouclier. Voilà bien le genre d’impasse à poubelles où vont s’échouer les nationalismes. On finit par la superposer au monde, son identité, en le sommant de s’adapter… quitte à prendre les armes, même, contre les évidences, pour mieux défendre ses propres enfantillages, ses vices à soi…
Quand je regarde autour de moi, ce sont eux pourtant qu’on admire, les « insubmersibles » : on prise à fond le sang-froid borné, les doctrinaires. Quand un couillon de haut vol, un candidat aux admirations, sollicite les suffrages, on veut voir de « quel métal il est fait » ! C’est ça qu’on demande : des torses bombés. Des apprentissages par cœur. Des codes de conduite, à suivre « pour solde de tout compte »
L’énergie que demande l’espoir est proportionnelle à la naïveté et à la détresse qui nous poussent à mettre au pouvoir les plus intransigeants d’entre nous.
Et c’est ça qui fait du bunker l’horizon indépassable du genre humain.
Alors ? Suicide ou vasectomie ? Ni l'un ni l'autre ! Ne soyons pas chafouin ! Perso, si c’est la fission nucléaire qui enchante de fureur boréales nos matins apeurés, je ne vois qu’un petit blanc frais, un Sancerre par exemple. En revanche, si c’est la bactérie… je dirais : un bon Cahors.
Comment conserver les aliments
Comment créer des aliments
Comment cuisiner dans son bunker
Aménager son bunker
A SUIVRE…
teaser
Comme tout condamné, nous avons droit à un dernier repas. Comme teaser et mise en bouche, je vous propose un premier exemple. Je le tire de la rubrique « comment créer des aliments »…
Cultiver des Schii Takés
Il faut acheter du mycélium. On en trouve chez les horticulteurs.
Il faut se procurer quelques rondins de bois frais : environ 1,20 m de long sur 10 à 15 cm de diamètre.
Après, ma foi, c’est simple.
Il faut faire des encoches à intervalles réguliers sur les bûches, d’un peu moins d'un dentimètre d'épaisseur.
Il s’agit ensuite de bourrer les encoches avec le blanc de champignon ; 3 ou 4 par rondins. Et de boucher l'encoche avec du
ruban adhésif .
Après il faut entreposer les rondins dans un endroit frais. Une cave, ou… un bunker ! Ça tombe bien, vous êtes dedans.
Il faut mettre sur l’ensemble de la paille humide, recouverte par une bâche.
Là, vous laisser en l’état tout ce fatras pensant quelques semaines .
Quand le mycélium a bien colonisé les rondins, on peut enfin les enfoncer en terre, dans un sol frais, à une profondeur de 30 à 35 cm.
Tous les ans, au printemps, on obtient des schii takés.
Ça va durer quelques années, et puis il faudra renouveler l’installation.
Et n'oubliez pas... Si l'humour est la politesse du désespoir, une bonne bouffe est la dernière insolence du moribond ! Enjoy !